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Le temps des Forges

les historiens de l'Eté des Forges

Pontenx-les-Forges :     Pierre Duvignac

 

Pissos :    Guy Champagne, Bénédicte et Jean-Jacques Fenié

 

Castets :     Pierre Laforie

un peu d'histoire de chaque forge

Pontenx-les-Forges

Historique des Forges de Pontenx

 

 Le 19 mai 1762 par Lettre patente, le roi Louis XV donnait à Jean de Sacriste, comte de Rolly, l’autorisation de faire construire une forge à fer dans ses terres de Pontens  avec tous les fourneaux et édifices nécessaires et d’y employer pour son exploitation la mine et le bois qui se trouveront dans la dite terre.

 Il y avait également la force motrice d’une rivière, le Canteloup. Un étang fut aménagé. Dès 1765, le haut-fourneau produisait. Très vite des gros marteaux et feux d’affinerie furent mis en place. A la mort du comte de Rolly, en 1783 ou 1784, cette nouvelle activité était solidement installée. Son gendre le marquis de Gombault assura la continuité qui ne connut qu’un bref intermède pendant la Révolution. L’outil devint obsolète et en 1828, le marquis demanda l’autorisation de moderniser son entreprise. Mais il mourut en 1832 et ses trois filles, le 10 août 1834, vendirent tous les domaines et usines à la Compagnie d’exploitation et de colonisation des Landes de Bordeaux .

Au moment de l’achat, l’usine avait un haut-fourneau, un gros marteau, deux feux d’affinerie avec une chaufferie, une fenderie, un laminoir et deux martinets. La Compagnie ajouta de suite des fours à puddler et un déversoir de superficie à la sortie de l’étang avec vannes de décharge. Les Forges continuèrent leur existence alimentées par le minerai local, notre garluche, et le charbon de bois des forêts voisines.

A partir du milieu du siècle, s’ajouta le minerai du Périgord  puis de plus en plus du Pays Basque. A la fin du 19° siècle, la garluche avait disparu depuis longtemps

De 1854-1855 à 1875, la Compagnie loua l’exploitation de la forge à la famille Espérou. Ce furent d’excellentes années pour les forges et pour la Compagnie avec Victor Pidoux (1857-1879) où l’on connut entre autres la réfection du barrage sur le Canteloup (1870).

 A partir de 1888, une dynastie bouheyrote  dirigea la Compagnie des Landes qui en 1883 avait succédé à la Société de liquidation. Ce furent le docteur Dudon, Valmy Dupin et René Mondiet. Ils recherchèrent constamment à faire vivre leur usine qui fut toujours spécialisée dans la fabrication de produits semi-finis, fontes en gueuses, fers en barres, verges diverses. Mais en 1914, malgré un outillage industriel très complet, René Mondiet dut se résoudre à fermer les forges après 5 années continues de pertes. La guerre accorda un sursis avec les frères Frémaux qui louèrent l’usine pour fabriquer les obus dont la France avait besoin. Les forges, déjà en arrêt, furent définitivement fermées  en 1921.

 

              Pierre Duvignac

Pissos

Histoire de la forge de Pissos


En 1818, l’entreprenant maître de forge d’Ychoux, Dominique Lareillet (1771-1857), reçoit l’autorisation d’établir un nouveau site de production de métallurgique, sur le ruisseau du Mordouat, affluent de la Grande Leyre, à deux kilomètres environ au sud du bourg de Pissos. Dans cette commune comme dans maintes zones des Lande de Gascogne, sont présentes les cuirasses ferrugineuses et l’alios qui engendrent les marécages ayant fait la fâcheuse réputation de ces contrées. La « pierre de lande » –  couramment appelé « garluche » (gascon garluisha ou  pèira nhòga lorsqu’elle est utilisée dans la construction des parcs à  brebis, granges, maisons ou églises) – abonde dans le secteur, en particulier sur le « platàs » ou « platiet » des confins de Pissos (quartiers de Daugnague et Escoursolles) et de Commensacq (Cantegrit). Son intérêt est d’être aussi un minerai fer, à faible teneur certes mais recherché cependant en ce début du XIXe siècle où les arsenaux ont besoin de métal pour fabriquer boulets de canon et autres pièces. Après l’expansion volontariste des pinhadars encouragée par la loi de 1857, la construction de voies ferroviaires dites « économiques » augmente également la demande en produits lourds.

L’établissement de Pissos s’inscrit dans la stratégie de développement de Dominique Lareillet. Comme Ychoux (forge « à la catalane »), Brocas (opérationnel en 1832) et les autres sites métallurgiques landais, il fonctionne grâce au bois des alentours qui permettent aux charbonniers (carboèrs) d’approvisionner le haut-fourneau  en combustible. Le maître de forge, lui-même grand propriétaire foncier, fait d’ailleurs partie de ceux qui prônent l’extension des boisements, tant sont grands les besoins de l’industrie en général. 

Avec le petit étang aménagé afin d’avoir la force hydraulique suffisante pour faire tourner la mòla actionnant le martinet, l’aval du ruisseau du Mordouat a été un peu artificialisé sur quelques centaines de mètres. Maisons des employés et jardins ouvriers sont installés tout  à côté. Des chemins charretiers (carrejas ou carrèiras), dont celui qui mène directement vers Liposthey et Ychoux, facilitent l’approvisionnement en matières premières et l’expédition des produits finis.

L’activité de la forge de Pissos ne dure que jusqu’au milieu des années 1880. C’est d’ailleurs le moment où commencent à poindre les productions sidérurgiques de Lorraine ou même, pour l’Aquitaine, de l’établissement de Tarnos-Le Boucau sur la rive droite de l’Adour en aval de Bayonne. Désormais, le minerai de fer provient de gisements plus abondants et de plus riche teneur et la houille évince le charbon de bois dans les hauts-fourneaux ou les cubilots.

La forge de Pissos n’aura pas eu d’existence suffisamment longue pour transformer durablement l’économie locale et léguer une mémoire ouvrière.


Jean-Jacques Fénié

  

Castets

 Forges des Castets

 

En 1808, François Dubourg, jeune Maître des Forges d’Uza passant à Castets, pour vendre des fers à Dax, y découvre un site bien propice à l’installation d’un haut-fourneau et des forges.  Associé à Louis-Mathieu Turpin, Maire de Lit, et Dupuy, Maire de St Julien, il dépose auprès du Préfet Duplantier, en 1809, une demande d’autorisation de construire ces bâtiments. Mais, Mme de Lur Saluces, propriétaire d’Uza, s’oppose vigoureusement à ce projet. Elle invoque une concurrence déloyale, les difficultés de se procurer du minerai - la garluche -, du charbon et les attelages nécessaires. Elle souligne aussi la mévente des fers à Dax. Napoléon 1er, 16 jours avant sa destitution par le Sénat, signe le 19 mars 1814 l’autorisation de construire forges et haut-fourneau à Castets. Mais, à cause de l’opposition farouche des Lur Saluces, François Dubourg devra attendre encore cinq ans. Grâce au soutien du Baron d’Haussez et de l’Ingénieur des Mines d’Aubuisson, le Conseil d’Etat décidera le 17 juin 1819 la pleine application du décret impérial du 19 mars 1814.

François Dubourg emploie plus de 100 personnes pour construire au plus vite un
haut-fourneau de 11 mètres avec air comprimé par pistons et des forges attenantes. Dès 1820, il vend des fers dont la qualité est reconnue. Il obtient une importante commande de l’Armée qui se prépare à la prestigieuse expédition d’Espagne dont l’objectif est le soutien au roi absolutiste Ferdinand VIII alors en difficulté face aux révisionnistes. François Dubourg demande en 1822 une extension de ses forges. Mais les Lur Saluces s’y opposent. Il faudra attendre le renversement de Charles X pour que cette demande soit examinée.

En 1824, François Dubourg, soucieux d’améliorer encore la qualité des fers, décide de faire venir du minerait de Bilbao pour complémenter la garluche de St Paul les Dax et Ardy.

En 1826, il marie sa fille unique Elisa avec un riche propriétaire de Linxe, Emile Boulart. Mais, celui-ci ne souhaitant pas s’occuper des forges, François Dubourg engage auprès de lui un neveu, nommé également François Dubourg, qui signera tous les documents François Dubourg neveu.

En 1828, François Dubourg dépose une autre demande de construction, mais à Ardy, d’un haut-fourneau avec des forges et une fenderie. En 1831, Charles X étant destitué,
Louis Philippe va en quelques mois signer les autorisations d’extension des forges de Castets et de constructions d’Ardy. Le haut-fourneau d’Ardy est construit le premier. François Dubourg demande que les autres parties de forges d’Ardy soient construites à Castets ,  dans le domaine de la Palue ,  à près de 2 km en aval des forges du bourg. Cette même année 1831, François Dubourg devient Maire de Castets et son neveu conseiller  municipal.

Les deux décennies qui suivent voient un développement important des forges du bourg et de la Palue. Pour celles-ci , c’est François Dubourg neveu qui en a la responsabilité. En une année ,  sur 1835 et 1836 ,  il construit ce qui sera désigné sous le nom de laminoir et dans les années 1840 l’ensemble des maisons de maître et d’ouvriers de la Palue.

Les forges de Castets dans leur ensemble ont une belle réputation. Les statistiques de 1851 montrent que plus de 500 personnes y sont employées. François Dubourg est l’industriel landais imposé au cens le plus élevé dans le département. Des dizaines de maisons d’employés sont construites.

François Dubourg meurt en 1853, son neveu lui succède à la Mairie de Castets et à la tête des forges.

En 1862, Charles Boulart, jeune et brillant avocat, petit-fils de François Dubourg, s’associe à François Dubourg neveu pour acheter les forges d’Abesse 385 000 F. L’ensemble des 4 établissements industriels au bourg de Castets, à la Palue, à Ardy et à Abesse emploie alors près de 1 000 personnes. La production est très variée et comprend de la fonte, des fers de tous calibres, des tôles, des pièces moulées pour l’industrie et pour les utilisations domestiques, telles que  jardinage, cuisine, décoration.

En 1867, François Dubourg neveu cède toutes ses parts à Charles Boulart, avant de se retirer et de décéder en 1869 sans héritier. La fin du Second Empire avec l’occupation prussienne des forges du Nord et de l’Est amène à Castets un surcroît d’activité . Mais, en 1882, la Compagnie des Forges et Aciéries du Boucau porte un coup fatal aux forges landaises en construisant de grands hauts-fourneaux fonctionnant au coke, 80 fours à coke,
2 convertisseurs Bessemer et des laminoirs. Charles Boulart, conseiller général et député de 1876 à 1881, décède en 1891. Sa veuve et son fils Daniel lui succèdent. L’activité de fonderie de pièces moulées de qualité subsiste à Castets et Abesse. Mais Ardy avait dû fermer en 1890. Castets bourg fermera le 1er janvier 1905. Abesse et la Palue continueront à fonctionner au ralenti avec une reprise pendant la guerre de 1914-1918. La Palue fermera définitivement en 1920. Les forges d’Abesse seront vendues en 1923 à la Société Anonyme des Travaux Métalliques et fonctionneront jusqu’en 1930. 

 

Pierre Laforie

Brocas-les-Forges

découvrez le musée de Brocas

http://museedesforges.brocas.fr/


Des anciennes forges de Brocas, subsiste de nos jours la masse imposante du haut fourneau réhabilité, proche de l'étang. Cette activité a incontestablement valorisé différentes ressources de la lande et de la forêt : la « garluche », minerai de fer local, le bois transformé en charbon et le réseau hydraulique.

Les forges Larreillet 

Le 19 avril 1825, Dominique Lareillet (1771-1857) sollicite, auprès du comte de Puységur, alors préfet des Landes, l'autorisation de construire deux hauts fourneaux adossés, un four à réverbère pour affiner la fonte, un second four pour chauffer les lopins, les marteaux et cylindres nécessaires pour battre et laminer le fer et lui donner les formes qu'on demandera. Il propose d'établir son usine à 200 mètres du bourg de Brocas. Une fois l'autorisation obtenue, il s'associe à ses deux fils, Camille (1796-1848) et Adolphe (1805-1843), pour construire et exploiter la nouvelle forge. Un seul haut fourneau est finalement édifié, ainsi que tous les bâtiments utiles, et la première coulée a lieue le 18 Juin 1833, comme cela est attesté sur une plaque en fonte que Dominique Lareillet fait installer dans sa maison (présente au musée). Après une cinquantaine d'années d'activité, les veuves des deux fils du fondateur procèdent le 6 juillet 1881 au partage du « domaine des forges de Brocas », qui reste toutes ces années en indivision. Les forges ferment leurs portes vers 1904, pour se fondre dans le capital des Fonderies et Émailleries de Brocas SA, à Villenave-d'Ornon, dans le département voisin de la Gironde.

 

Cette article est issue de l'encyclopédie libre WIKIPEDIA : http://fr.wikipedia.org/wiki/Anciennes_forges_de_Brocas